Maslow

Imaginez que vous venez de gagner au loto et que vous n’avez plus jamais besoin de travailler. Vous resteriez habiter au même endroit ?

Je ne joue jamais aux jeux de hasard mais je passe mon temps à me poser cette question. J’aime m’interroger sur mes choix de vie. Si je gagnais au loto, j’achèterais sûrement un mas en Provence, mais pour le quotidien je pense que je resterais aux Pays-Bas, du moins encore quelques années. Pourquoi ? Parce que j’ai des enfants en âge d’être scolarisés et que les petits néerlandais font partis des plus heureux au monde.

Leur bonheur est mesuré à l’aide de la Pyramide de Maslow. A la base de l’édifice, résident les besoins physiologiques primaires et nécessaires à la survie. Le niveau juste au-dessus est celui des besoins de protection et de sécurité. On trouve ensuite les besoins sociaux d’appartenance et d’amour. L’avant dernier niveau est celui du besoin de reconnaissance et d’estime de soi. Enfin, au sommet de la pyramide trônent les besoins d’autoréalisation et d’accomplissement.

Les scores des trois premiers niveaux sont probablement comparables à la France. En revanche, la différence réside dans l’assouvissement des besoins de reconnaissance, d’estime de soi, d’autoréalisation et d’accomplissement.

Je le constate au quotidien avec ma six ans et mon dix ans. L’école ne leur inculque pas seulement des connaissances, elle travaille à l’acquisition de compétences et au développement personnel et social. Il n’est pas question ici de dresser l’enfant immobile et silencieux, écrasé par l’autorité, mais de le placer, lui et son épanouissement au cœur du système.

L’année scolaire commence par des exercices de cohésion de classe. Pour information, les enfants restent avec les mêmes camarades durant tout le cycle primaire. Malgré tout, en septembre, ils apprennent de manière ludique à coopérer et à prendre en compte les autres.

Tous les ans, ils abordent des sujets de société. Cette année, les dix ans ont regardé un film dur sur un garçon qui se fait harceler et qui finit par se suicider. Ils ont ensuite analysé dans la classe les rôles de chacun des personnages dans ce processus. Ils ont également coupé une journée le chauffage de l’école et demandé à ce que les enfants viennent avec un gros pull. Le week-end suivant, lorsque j’ai voulu monter le chauffage, ma six ans m’a expliqué que je n’avais qu’à mettre un pull en plus au lieu d’engraisser le méchant Monsieur CO².

Aux Pays-Bas, toutes les connaissances doivent être acquises en classe. Les enfants n’ont pas de devoirs. Enfin si, à partir de dix ans, ils ont pour citer les parents néerlandais « beaucoup de devoirs », c’est-à-dire trente minutes par semaine. Bref, rien. Ils ont aussi des travaux de recherche à effectuer : exposé sur un thème libre dès cinq ans, présentation d’un livre dès 7 ans, rédaction d’un rapport et présentation d’un article de journal dès 9 ans.

Dans la classe, les leçons ne sont pas uniformisées, mais adaptées au niveau de chacun. Les élèves qui ont besoin de plus d’explications obtiennent un soutien supplémentaire pendant que ceux avec plus de facilités travaillent de manière autonome ou approfondissent un sujet qui les intéresse même s’il n’est pas au programme.

Leur esprit critique est également stimulé. S’ils ne sont pas d’accord avec une décision, ils peuvent l’exprimer et en discuter. L’école ne leur apprend pas la notion de hiérarchie mais la notion de respect de chacun, grand ou petit, adulte ou enfant. Ils aiment répéter : « tous différents mais tous égaux ».

L’école a aussi un conseil des élèves. Chaque classe compte deux élèves qui prennent des décisions après avoir consulté leurs camarades. Ainsi l’année dernière, les enfants (de six à douze ans) ont décidé d’investir l’argent collecté à la fête de fin d’année pour l’installation de nouveaux buts de football et d’une balançoire. Cette année, le conseil des élèves a organisé une collecte de denrées pour une banque alimentaire. Très jeunes, ils apprennent donc à chercher un consensus, à être responsables et à être solidaires.

En voyant nos enfants se développer pleinement et avoir une belle estime d’eux-mêmes, je me dis que nos cartons de livres devront attendre au moins une décennie avant d’envahir une maisonnette en pierres sèches au milieu des oliviers.

pyramide-de-maslow

é

Une réflexion sur “Maslow

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s