Développement durable

Aujourd’hui, aux Pays-Bas, c’est la journée du développement durable et je suis en colère.

Pour moi, c’est tous les jours la journée du développement durable. Je mange partiellement bio, je ne consomme pas tous les jours de la viande ou du poisson. Notre thermostat est à 19,5°C voire 19°C et nous ne chauffons pas les chambres. Nous avons des panneaux solaires qui couvrent 100% de notre consommation électrique. Nous trions le plastique, le papier, le verre, les déchets verts. Nous avons une pomme de douche qui nous fait utiliser deux fois moins d’eau. Nous n’utilisons pas de désherbant. Je n’achète pas de vêtements à chaque saison mais seulement lorsqu’ils ont besoin d’être remplacés.

Malgré toutes ces bonnes habitudes et tant d’autres, lorsque je calcule mon empreinte écologique, en prenant en compte les grammes, les mètres cubes, les kilowatts, les litres au cent, et le pays dans lequel je vis, les Pays-Bas, si la population mondiale se comportait comme moi, nous aurions besoin de 2,5 planètes.

DEUX VIRGULE CINQ PLANÈTES !

Mon péché réside dans ma mobilité, tandis que je vis dans un pays à la surface d’une région française et que je travaille de chez moi. 

Je fais en moyenne 8000 km de voiture et 8 heures d’avion par an. Je vous entends dire : ce n’est pas énorme. Pourtant cette mobilité « pas énorme » a un impact considérable sur l’environnement.

En bonne Néerlandaise que je suis presque devenue, je veux bien prendre mes responsabilités et adapter encore plus mes comportements.

Je veux bien utiliser mon vélo, également pour des distances supérieures à 4 ou 5 kilomètres.

Je veux bien remplacer l’avion par le train cet hiver pour aller au ski, quitte à changer de gare à Paris avec les bagages dans les couloirs du RER.

Je veux bien pratiquer plus souvent le covoiturage surtout lorsque je vois que toutes les semaines nous nous rendons aux matchs de hockey et de foot avec autant de voitures que de joueurs. Mais lorsque je le propose, je dois insister pour obtenir une réponse. Si nous faisons faire du sport à nos enfants, c’est pour leur santé à court et à long terme, pas pour leur léguer une planète irrespirable et en surchauffe. Or si je mentionne cet argument, on va me prendre pour une intégriste de la chaussette en laine.

Et ça me met en colère que les gens qui s’inquiètent de l’environnement soient pris pour des excentriques.

Je suis en colère lorsque je vois que dans les supermarchés tout, fruits et légumes compris, est emballé dans du plastique et que le consommateur l’accepte.

Je suis en colère lorsque je vois des fraises en hiver et du raisin d’Inde.

Je suis en colère lorsque je reçois des dizaines de magazines sur papier glacé emballés dans du plastique de boutiques dont j’ai eu la mauvaise idée d’accepter la carte de fidélité.

Je suis en colère que personne ne soit en colère.

J’ai l’impression qu’une partie de la population est dans une sorte de léthargie, lobotomisée par les écrans, cheval de Troie de la société d’hyperconsommation, anesthésiée par des agendas trop pleins. Je ne généralise pas, je fréquente beaucoup de gens aux Pays-Bas qui s’inquiètent et qui agissent pour la protection de l’environnement.

A tous les autres, j’ai envie de crier de se réveiller, de faire une révolution, mais ce n’est pas dans leur culture la révolution. Il faut discuter d’abord. Ne pas aller trop vite. On ne sait jamais que l’on soit impulsif.

Avec la perspective française, on pense toujours que les Pays-Bas est un pays soucieux de l’environnement. Ils le sont, un peu, ils parlent de 2020, de 2030, de 2050. Des mesures sont prises (lois, normes, obligations, interdictions). Mais les individus, au quotidien, de manière spontanée, que font-ils ?

J’aimerais voir une prise de conscience plus importante, que chacun soit prêt à faire sa part ici et maintenant, comme ils le font dans d’autres domaines (lire : « Relever ses manches »).

Les Néerlandais doivent penser que je m’énerve car je suis française donc râleuse. Je m’énerve parce qu’ils lèvent trop souvent les épaules en disant leur fameux « Het komt goed » (traduire : tout ira bien), même pour le développement durable.

Je n’arrive plus à les croire.

Développement durableHeusden

Une réflexion sur “Développement durable

  1. Tout à fait ca! le pire les plastiques aux rayons Jambon fromage il y en a trop mais pas trop le choix de changer. Et aux boulots ils pouraient recycler les gobelets en plastique. Et trop de dechets laissè aux plages, parc et le parking de Mcdo…. aaah ca m’ènerve.

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